Je ne suis que l'ombre de moi-même. J'en suis arrivée à ne plus savoir si mon prénom était moi. Je ne suis plus la personne de mon enfance, je ne suis plus une personne d'ailleurs. Suis-je humaine ?
Même si en toute logique je le suis, j'ai l'impression d'être irréelle, de n'être plus naturelle.
Une enfance oubliée ou cachée, un amour de vouloir exister pour ce que je suis, une envie d'apprendre la vie ....Envie de tout connaître .
Je me pose plein de questions ; peut être trop. Mais comment peut-on sur des question essentiel ne pas trouver la réponse ? La réponse à nos questions.
La vie n'est faite que de questions ou de réponses incomprises, pendant toutes nos vie chacun cherche qui il est vraiment.
Mais le trouve t-il à la fin ?
Trouve t-on l'absolution ?
Marchant continuellement dans la rue de mon enfance, tous mes souvenir me revinrent. Des souvenirs joyeux d'un enfance joyeuse .
Enfin je croyais en fait, tout était mensonge.
Mes parent que je croyais mes parent ( quoi de plus normal ), n'étaient en fait que des gens qui m'avaient volée, volée à mes vrais parents. Comment pouvait-on enlever un être si petit à sa famille, un être innocent qui ne demandait que de vivre dans l'amour et la vérité ?
Je haïssais mes faux parent. J'étais tellement remplie de haine que quand j'arrivai devant leur maison, je ne pus n'empêcher d'avoir un regard froid, même s'ils ne l'avaient jamais avoué je le savais, je l'avais découvert. On me l'avait dit .
Lui, le seul à qui je donnais toute ma confiance, le seul qui a toujours été franc, qui a su me protéger.
Malgré le fait qu'il me fasse peur, quand il est en train de regarder attentivement ses armes préférées, malgré le fait qu'à chaque touché je me frigorifie instantanément car chaque touché de sa part me donne la chair de poule.
Tout ça faisait que je l'admirais, il était tellement froid mais attendrissant quand il fessait danser ses mains sur sa feuille de papier .
Juste à l'aide d'un crayon et d'une feuille de papier, il pouvait refaire toute les émotions, même s'il dessinait une pomme, il arriverait à en faire quelque chose d'intéressant.
Je rentrai dans un grand château au style de Louis XIV.
Kilian, le nom du propriétaire m'avait dit que l'architecte s'était inspiré de la décoration du roi Louis XIV dit le Roi Soleil .
Je pénétrai dans un salon et le vis, toujours au même emplacement, au balcon sur son chevalet. J'essayais de marcher comme une souris . Mais d'un coup, tel un chien, son oreille bougea. Je savais qu'il savait, autant dire que j'étais repérée.
Kilian : Princesse.
Rien que d'entendre sa voix rauque et pleine de sarcasme de m'avoir repérée me donna des frissons dans tout le corps.
Je m'approchai un peu plus de lui, et contemplai son dessin. Je regardais ses coups de crayon vif et agité qui s'étalaient sur la toile .
J'avais l'impression d'être l'enfant de quatre ans qui contemple son père comme modèle,
mais lui un modèle, hein .
Un Vendeur de coke et d'autant plus, il avait une incroyable agence de mannequins. Enfin, plutôt les femme du bien.
Kilian : Tu as fait quoi de ta journée, Princesse ?
Ma journée ! Je suis allée dans l'endroit interdit , son club. J'adorais voir les femmes danser, c'était un peu comme le Crazy Horse où il m'avait emmené une fois.
Le jeu des jambes était tellement beau, je veux dire, tout était sexy sans être vulgaire, la gestuelle était calculée, leur corps parfait.
Mais Kilian ne voulait pas que j'aille dans son club car il disait que malgré le fait que se soit lui le patron, c'était un lieu de débauche, donc pas pour une fille comme moi.
Pour refaire ses propres phrases "ce n'est pas un lieu pour les princesses".
Alors autant dire que je devais trouver une chose à faire.
Aline : Je me suis amusée à allez au parc, donner à manger aux canetons, ils sont si beaux avec leur bec, leurs plumes, ils ont l'air libre.
Kilian : Je te reconnais bien là, princesse. Toujours à chercher encore plus de liberté.
Aline : C'est pas ça l'être humain ? Etre libre?
Kilian : Si, en quelque sorte ! Mais être libre ne fait que être un peu plus emprisonné par soi-même.
Aline : Je ne comprend pas.
Kilian : Tu comprendras.
Encore une fois il finissait ses phrases en créant une nouvelle question, encore, encore comme un perpétuel jeu. Notre jeu à tous les deux.
Je restai là un moment avant de partir à l'étage.
Je rentrai dans la pièce qui était la mienne, mais je ne dormais que peu ici.
La solitude me fessait peur, même si je n'ai besoin de personne maintenant pour altérer mes choix. J'adorais être en sa compagnie.
Refaire une vie basée sur du mensonge et de l'incompréhension.
Je finis par m'allonger sur un lit qui glissait sous mes doigts. J'entendis soudain toquer.
Aline : Oui !
Garde : Monsieur Killing veut que vous sachiez qu'il ne va pas pouvoir vous emmener au club ce soir et il s'en excuse.
Aline : QUOI ?
Garde : Il est déjà parti, il a laissé un mot pour vous.
J'ouvris la porte et descendis jusqu'à la table où était posée une feuille de papier. Je reconnaissais son écriture toute italique, très belle.
" Désolé ma princesse, je sais que je t'ai promis de t'emmener avec moi, mais je dois régler une affaire et je ne veux pas que tu vois ça. Bonne soirée ma princesse. "
Je sentis la colère monter en moi. Il repousse toujours tout au lendemain mais cette fois ci, je ne voulais pas encore être mise à l'écart, je ne l'acceptais plus. Je décidai d'y aller toute seule.
Je sortis du château, mais je me rappelai que le club était à 1H00 d'ici, et que je n'avais pas le permis. Je décidais de prendre son chauffeur. De toute façon, je m'en foutais s'il allait être viré parce qu'il m'avait emmenée alors qu'il ne voulait pas.
Tout ce que je voulais, c'était lui montrer que je n'étais pas son objet, qu'il ne pouvait pas me commander. Arrivée là-bas, à l'entrée, je l'aperçus sur un grand canapé avec ses homme d'affaires.
Une femme habillée seulement d'un string, se dandinait sur lui tel un animal qui voulait sa proie. Je m'apprêtais à rentrer, quand un garde m'en empêcha.
Garde : Avez-vous une invitation ?
Aline : Je suis une amie de Monsieur Killing.
Garde : Mais oui, mademoiselle, on me l'a déjà faite !
Aline : Oui, mais moi c'est vrai.
Garde : Veuillez quitter les lieux !
Aline : Vous savez que je peux vous faire renvoyer !
Garde : Mais bien sur !
Son sarcasme me mettait hors de moi, je commençais à le bousculer malgré ses 2 mêtres et 90 kilos mais il me repoussa, ce qui me fit tomber sur les fesses.
Il se mit à rire. Je me relevai et me dirigeai vers lui, et lui donnai un grand coup de pied entre les jambes, ce qui l'obligea à se plier devant moi. Je savourais pendant quelque instant sa faiblesse face à moi et rentrai dans le club en direction de Kilian .
Il me regarda les yeux pleins de colère, mais le garde m'agrippa comme un chien.
Garde : Désolé monsieur, encore une trainée qui...
Mais il s'arrêta net. Kilian, de colère, venait de casser son verre en mille morceaux entre ses doigts, il avait les yeux rouges comme dans un mauvais film, sauf que c'était la réalité.
Kilian : Comment osez-vous traiter mon amie de trainée ?
Garde : excusez-moi, monsieur, je ne...
Kilian : taisez-vous ! Et je vous conseille de la lâcher.
Le garde fit ce qu'il demandait, ce qui me fit sourire de satisfaction, mais Kilian m'enleva soudain ce sourire.
Kilian : Assieds-toi ! Et ne bronche plus.
Aline : Quoi ? Tu crois que je vais t'écouter peut-être !
Kilian : Aline ne me pousse pas à bout, parce que tu risques de le regreter.
Ses paroles étaient comme du venin craché. Des frissons parcoururent mon corps tant la peur m'envahissait.
Je détestais cette sensation d'être faible devant lui, ou plutôt devant les autres.
Je ne dis rien et m'installa sur le canapé, regardant la scène qui allait se passer.
Kilian : quant à vous, je vous conseille de retourner à votre poste. Et encore une connerie dans ce genre, je vous VIRE ! est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Garde : Oui, monsieur.
Le garde partit sans rien dire de plus, je trouvais ça pathétique. Pendant ce temps, la fille qui se dandinait devant lui prit un mouchoir pour essuyer le sang qui coulait de ses mains, mais il le retira d'un geste vif.
Kilian : Ça ira ! Rentre dans la loge.
Fille : D'accord, monsieur.
Je regardais la scène avec un sourire au coin, ce qu'il remarqua tout de suite.
Kilian : Je t'avais dit ne pas venir.
Aline : Oui , mais tu repousses toujours tout à plus tard.
Kilian : Je vais appeler le chauffeur, tu rentres tout de suite.
Aline : QUOI ?
Kilian : Je fais des affaires, là !
Aline : Oui c'est clair qu'avoir une pute sur toi pour toucher ses seins se sont les affaires !
Je me levai du grand canapé, pour rejoindre le chauffeur. Pendant le trajet, à l'attente que le feu passe au vert, je vis plein de filles devant une grande salle. Cela m'intriguait. Elles criaient toutes, avaient des pancartes...
Aline : Une manifestation.
Chauffeur : non ! Un concert !
Aline : De ?
Chauffeur : Je ne connais pas leur nom. Mais c'est un phénomène depuis pas mal de temps ! Quatre jeunes garçons, je crois.
Aline : Leur musique est bien ?
Chauffeur : je ne sais pas.
Aline : c'est vrai que vous n'écoutez que du Mozart ou du Beethoven.
Chauffeur : c'est exact !
Aline : Déposez-moi là.
Chauffeur : Comment allez-vous faire pour rentrer ?
Aline : Je me débrouillerai bien toute seule !
Chauffeur : Je préfère quand même aller vous chercher des places au marché noir, c'est plus sûr.
Aline : Comme vous voulez !
.......
J'étais dorénavant dans la salle de concert, le chauffeur avait fait attention de me mettre où il y avait le moins de fans, tout devant. Tout le monde criait. Certaines pleuraient, ce qui m'intriguais. Pourquoi pleurer pour un groupe de musique, c'était intriguant ! Peut-être sont-il émouvants comme les dessins de Kilian.
Kilian... J'avais encore tellement de haine par rapport à lui...Comment avait-il osé ?
La lumière s'éteignit d'un coup, ce qui me surprit. Tout le monde commença à crier, une voix parlait mais je m'intéressai pas à ce qu'elle disait, mes yeux étaient rivés sur la scène, où de nombreuses lumières dansaient.
D'un coup, j'entendis un solo de batterie et un petit blond se déchainait derrière. Ce qui m'amusait, on avait l'impression que derrière sa batterie, il devenait petit à petit puissant.
Il s'en suivit de deux guitaristes tout aussi différents l'un que l'autre, puis une voix retentit d'un coup, ce qui fit que toutes les personne hurlèrent en même temps .
Un garçon androgyne arriva, mais je m'arrêtai sur sa coiffure. Il s'est coincé les doigts dans la prise électrique ou quoi ? Ou alors il ne sait pas se coiffer. Mais comment on peut se promener comme ça? C'est pas normal. D'un coté, moi-même je ne suis pas normale, alors je pense que je ne suis pas la meilleure pour critiquer.
J'écoutais au fil du temps les chansons. je fus envahie par plein d'émotions. Joie à l'espoir. Ces sensations étaient tellement bizarres, mais soudain il appela une fan à monter sur scène, tout le monde cria le plus fort possible. Je trouvais ça pathétique. Une lumière parcourrut le public. Quand elle vint vers moi, je me reculai mais peine perdue, la lumière s'arrêta sur moi.
Je fus aveuglée. J'entendais tout le monde crier, et je mis du temps à comprendre que c'était moi.
Un garde vînt me prendre par le bras. Je regrettais tout d'un coup d'être rentrée dans cette salle.
Le chanteur me tendit la main mais je l'esquivai et montai toute seule sous son regard surpris.
Il me demanda mon nom, je répondis Aline. Il me sourit, mais mes yeux étaient rivés sur ses cheveux. Je n'arrivais pas à comprendre.
Entre temps, lui avait déjà pris un mégaphone et commença à hurler dedans. Je ne comprenais qu'un mot : "Schrei", heureusement pour moi, il ne me demandait que de dire ce mot.
A la fin de la chanson, il me fit la bise. Je sentis ses lèvres chaudes s'abattre sur mes joue gelées et son odeur rentra dans mes narines. Une odeur d'homme.
Je repartis à ma place et me fis toute petite jusqu'à la fin du concert.